Le dispositif d’hébergement thérapeutique

Il s’agit d’une palette de formules diversifiées d’hébergement temporaire, au service d’un projet de soin de l’usager.
Le but de cette prestation est généralement de permettre à une personne toxicomane de franchir une étape difficile de son parcours de soin et d’insertion. Il conviendra de repérer les conditions minimales qui permettront de proposer cette formule, à savoir que la personne ait commencé à prendre de la distance vis-à-vis du ou des produits ainsi que du milieu dans lequel elle vit sa toxicomanie.
Ces conditions concerneront également le type et le niveau de pathologie psychiatrique présenté : c’est la raison pour laquelle un avis du médecin psychiatre est systématiquement requis avant toute admission.

Parmi les cas de figure où nous la proposons, les plus fréquents sont les suivants :

- pour ceux qui vivent à la rue, il s’agira de créer les conditions à peu près sereines de se poser la question de la dépendance, sans avoir à chercher chaque soir un endroit où dormir,
- pour ceux qui sortent d’incarcération, l’hébergement temporaire permettra d’engager les premiers contacts permettant de restaurer les liens avec le milieu familial et d’effectuer les démarches de recherche d’emploi et de logement,
- pour ceux qui nous sont adressés par des collègues d’autres CSST (lorsqu’il y a, pour diverses raisons, nécessité d’éloignement de l’intéressé de sa région d’origine), la formule permet de pourvoir dans de bonnes conditions à l’accueil initial,
- pour ceux qui sortent d’une cure de sevrage en milieu hospitalier, le séjour permet de créer un « sas » évitant une confrontation trop brutale à la solitude ou aux habitudes antérieures,
- pour ceux qui sont en attente d’admission dans un Centre Thérapeutique Résidentiel (postcures), l’hébergement proposé permet d’éviter une rechute brutale liée au découragement de l’attente.

Au-delà de ces quelques situations particulièrement « classiques », la prestation d’hébergement est surtout l’occasion de contractualiser la relation de soin, dans la contrepartie qu’elle constitue en regard de l’engagement dans le projet par la personne. Sorte de « chambre d’hôpital éclatée », le toit fourni par Rimbaud matérialise notre contribution au projet individualisé du patient pris en
charge.