Le centre Rimbaud

Depuis la création de l’association en juillet 1978, le CSST Rimbaud, avec ses deux sites de Saint-Etienne et Roanne, représente, dans la Loire, laseule structure spécialisée susceptible d’assurer un accompagnement global de patients toxicomanes au niveau du suivi social (avec ou sans
hébergement) comme une prise en charge éducative et thérapeutique. Elle assure cette mission, avec de notables évolutions, depuis plus d’un quart de siècle.
Déclarée comme « Association pour l’accueil des toxicomanes et marginaux en difficulté », Rimbaud a endossé une double vocation :

-une vocation généraliste, à dominante sociale et humanitaire : « l’accueil des marginaux en difficulté »,
-une vocation beaucoup plus spécialisée, aux confins, déjà, du sanitaire et du social :« la prise en charge des toxicomanes ».
Il convient sans doute, de situer le contexte dans son époque :
-association fondée avec l’aide de la Sauvegarde de l’Enfance qui, avec sa culture sociale de base, en attendait sans doute un relais de prise en charge pour les jeunes adultes quittant ses services.
- un secteur social où n’existaient aucun des dispositifs d’accueil d’urgence que nous connaissons aujourd’hui (115, veille sociale, CHRS urgence, bistrots sociaux, etc…) et où l’action de Rimbaud était vitale.
- un champ de la toxicomanie sans rapport avec celui que nous connaissons aujourd’hui : centré sur l’héroïne et ses quelques centaines d’usagers dépendants (il faut vraisemblablement compter en centaines de milliers les usagers de dizaines de produits
différents au jour d’aujourd’hui).
… sans compter le poids des idéologies de cette époque, qui ont pu influencer les pratiques.

Ce projet associatif a été amené à s’articuler avec l’action de l’UTDT dès sa création en 1986.

L’antenne roannaise s’est construite sur le socle d’une expérience antérieure. En 1988, l’association Rimbaud se lance dans la gestion d’un restaurant d’application baptisé « la Caravelle », située sur l’aérodrome de Roanne. Ce projet veut permettre à de jeunes adultes toxicomanes d’accéder à une formation puis à un emploi. Parallèlement, se crée une dynamique locale entre les élus locaux, les acteurs du soin et les associations autour de la prise en charge des toxicomanes. Le projet s’arrête un an plus tard faute d’une gestion adaptée mais il a permis de faire naître l’idée d’une structure d’accompagnement des toxicomanes.

En 1996 s’ouvre l’antenne Rimbaud à Roanne, dont la mission est présentée comme devant « contribuer aux actions de prévention, à l’accueil des personnes toxicomanes et à leur éventuelle prise en charge ». L’équipe se compose alors de deux travailleurs sociaux et l’identité principale de
l’antenne est la Prévention. En 2003, face à une croissance importante de la demande, l’association privilégie la prise en charge des toxicomanes et en 2004 un poste d’infirmière vient compléter l’équipe de Roanne.

Deux autres événements sont venus précipiter l’évolution des pratiques au Centre Rimbaud.

- Le décret de 1992, renforcé récemment par celui de février 2003, qui a assigné aux CSST une mission centrale de soin, les obligeant à recruter au sein de leurs équipes des personnels médicaux et paramédicaux, quitte parfois à redéployer des moyens jusqu’alors affectés à leur vocation psychosociale.
- l’apparition des traitements de substitution (Méthadone et Subutex) qui ont profondément modifié les pratiques des soignants comme des travailleurs sociaux, avec l’évolution conjointe de la demande des patients.

Après 12 ans d’application de cette nouvelle donne réglementaire, la culture associative a incontestablement évolué et l’équipe ne saurait aujourd’hui se passer de la collaboration avec les personnels médicaux et paramédicaux…..

Le projet CAARUD